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Paris, couloirs du métro de la gare de Lyon.

Des hommes en bleu attrapent un noir dans la foule, le mettent sur le côté et commencent une bonne fouille "réglementaire". Aucun motif d'arrestation ne lui est fourni, et d'un air résigné, le jeune homme se plie au contrôle. Relativement énervé par ce délit de faciès, j'ai sorti mon vieux réflex. Du fait de mon grand angle j'ai dû m'approcher très près de la scène (j'étais à 50cm du monsieur). Je prends la photo, en mettant mon appareil au niveau de la ceinture, sans viser, me retourne et file.... Mais le déclencheur a attiré l'attention du bonhomme de gauche... Celui-çi me court après, me chope les deux bras par derrière, prêt à me faire une clef de bras, et commence à me crier dessus... Arrestation comme si j'avais un flingue à la ceinture. Ses collègues rappliquent, laissent repartir leur proie colorée. J'ai plus ou moins réussi mon coup, maintenant c'est moi qu'ils harcèlent.

Le monsieur, très remonté, m'a fait tout un spitch à niveau sonore élevé : il est formellement interdit de prendre en photo une intervention, il est interdit de prendre des photos dans le métro... Je fais mine de ne pas savoir à quels risques je m'exposais, voulant juste prendre une simple photo.

Histoire d'une photo volée...

Alors il m'a demandé d'effacer la photo. Je me suis excusé en grande pompes (ils aiment ça) pour tenter de le convaincre. Impossible, si je n'efface pas la photo, ils m'embarquent. La hargne du gardien de la paix commence à me faire légèrement flipper. Ce dernier a mis environ cinq minutes à comprendre que mon appareil n'était pas numérique... et qu'il ne suffisait pas d'appuyer sur un bouton pour effacer la photo. La situation se complique, il veux que j'ouvre mon appareil.

J'ai rejoué le mec vraiment désolé qui pensait ne pas faire de mal, mais rien à faire : il veux ma pellicule. Je me suis empressé d'expliquer que je ne pouvais pas me permettre de sacrifier tout le travail (bluff) présent sur la péllicule, et que j'étais re-désolé. C'est toujours la même chose, soit on joue les naïfs stupides, soit on clashe et ça finit au poste. Ayant autre choses à faire ce jour là, j'ai eu l'idée de faire semblant de "brûler" la photo. Tout en rembobinant ma péllicule devant ses yeux d'un cran, je lui explique que je vais reprendre une photo dessus, en visant vers une source lumineuse très forte, et que le résultat sera tout blanc, et donc la photo sera "effacée". Il ne me croît pas, mais par miracle son collègue intervient dans la conversation : "il a raison". Son collègue se laisse convaincre, victoire. Je ferme mon diaf à 22 (l'autre censé s'y connaître ne bronche pas d'un poil), dirige mon appareil vers le triple néon au plafond, et tac je la "brûle". Après cela, ils m'ont laissé partir directement. Ouf...

5 minutes plus tard, je croise un second escadron en train de contrôller n'importe qui au hasard. Consterné par cette oppression policière, je demande à un officier la raisons de ces contrôls hasardeux. "Ordres du préfet, contrôler et fouiller un maximum de jeunes hommes, de 20 à 30 ans". Toujours le même schéma, on entretient la peur, et ça rapporte.

Les 3 bandes blanches correspondent aux néons de la surimpression censées avoir brûlés la photo... La prochaine fois, promis, la photo sera nette, et bien cadrée.